Une consommation intérieure encore faible
Une consommation intérieure encore faible
La pêche maritime marocaine est orientée à 90% vers l’exportation. Les 150 000 tonnes exportées sont composées de céphalopodes, crustacés et de poissons frais, séchés ou fumés et rapportent au Maroc près de 4 milliards de recettes. Les Japonais, grands amateurs de céphalopodes, sont les premiers clients du Maroc et absorbent 40% des exportations. La consommation intérieure de poissons est faible, à peine 170 000 tonnes par an, soit 6 kg par personne et par an. Ce ratio, bien loin des normes européennes, est à la fois tributaire des habitudes alimentaires et de l’absence d’équipements frigorifiques à l’intérieur du pays pouvant créer une véritable chaîne du froid.
L’industrie de la conserve absorbe 100 000 tonnes du total des sardines pêchées. Mais 180 000 tonnes de poissons pélagiques sont dirigées vers l’industrie des sous-produits, c’est à dire la production de farine et d’huile de poisson. Cette proportion est beaucoup trop importante et engendre un gaspillage des ressources qui contribue à l’augmentation des prix des poissons, autre explication de la stagnation de la consommation nationale. Les poissons pélagiques sont essentiellement pêchés par la flotte de pêche côtière, qui travaille encore selon un mode semi -artisanal. Ainsi, faute d’équipements modernes, une grande partie de la pêche des pélagiques arrive aux ports de débarquement dans un état inconsommable et est dirigée vers l’industrie de farines de poisson.
Depuis 1988, les nouveaux bateaux de pêche côtière achetés, soit 440 unités, sont dotées d’un équipement frigorifique et satisfont les normes d’hygiène en vigueur. La pêche côtière responsable de 75% des prises et 30% de la production en valeur a vu le jour en 1920. Auparavant, seules de petites barques assuraient l’approvisionnement en poissons des villages côtiers. Ces pêcheurs traditionnels continuent leur travail, et 12 000 barques sont réparties sur l’ensemble des côtes, avec une forte concentration à Dakhla et Boujdour, dans le sud marocain. Cette pêche prélève des prises de valeur: langoustes, soles et pageots sont achetés par des mareyeurs qui les destinent au marché national. Afin de stabiliser cette population de pêcheurs. Le Ministère des pêches maritimes projette de créer 3 villages, comprenant logements, marché au poisson et équipements frigorifiques.