Les pêches maritimes au Maroc
Les espaces maritimes marocains destinés à la pêche s’élèvent à plus de 1 million de km’. Quant aux espèces capturées par les pêcheurs marocains, elles sont extrêmement variées et se répartissent en deux grands sous ensembles, les espèces benthiques et les espèces pélagiques. Les poissons benthiques sont les poissons vivant près du littoral, regroupés également sous la dénomination « poissons blancs ». Il s’agit entre autres de la daurade, du capelan du grondin, du merlu, de l’ombrine, du pageot et de la sole. S’y ajoutent des crustacés (crevettes, langoustes, homards …) et les céphalopodes (poulpes, seiches, calamars).
Les poissons pélagiques sont des espèces du grand large, des poissons « bleus », comme la sardine, le maquereau, les thonidés, mais aussi les anchois et les chinchards.
L’importance des poissons pélagiques est considérable dans la production marocaine de pêche maritime, puis qu’ils représentent les 3/4 des prises. Nul n’ignore la vitalité de la sardine marocaine qui s’exporte vers le monde entier dans ses petites boites métalliques.
Les sardines représentent 80% des prises de poissons pélagiques, soit environ 350 000 tonnes par an.
Mais l’importance des prises de poissons bleus en tonnage est inversement proportionnelle à son importance en « espèces sonnantes et trébuchantes », c’est à dire en millions de dirhams. Ce sont au contraire les espèces benthiques qui représentent les 3/4 des valeurs des prises, avec un chiffre d’affaire de plus de 3 milliards de dirhams. En effet, les espèces benthiques, et notamment les crustacés, les céphalopodes et bien sûr les soles sont des prises à haute valeur commerciale.
Globalement, les « stocks » de poissons exploitables atteignent annuellement 1,5 million de tonnes, et la valeur de la production des pêches maritimes dépasse 4 milliards de dirhams, pour 600 000 tonnes de poissons effectivement capturés.
Une consommation intérieure encore faible
La pêche maritime marocaine est orientée à 90% vers l’exportation. Les 150 000 tonnes exportées sont composées de céphalopodes, crustacés et de poissons frais, séchés ou fumés et rapportent au Maroc près de 4 milliards de recettes. Les Japonais, grands amateurs de céphalopodes, sont les premiers clients du Maroc et absorbent 40% des exportations. La consommation intérieure de poissons est faible, à peine 170 000 tonnes par an, soit 6 kg par personne et par an. Ce ratio, bien loin des normes européennes, est à la fois tributaire des habitudes alimentaires et de l’absence d’équipements frigorifiques à l’intérieur du pays pouvant créer une véritable chaîne du froid.
L’industrie de la conserve absorbe 100 000 tonnes du total des sardines pêchées. Mais 180 000 tonnes de poissons pélagiques sont dirigées vers l’industrie des sous-produits, c’est à dire la production de farine et d’huile de poisson. Cette proportion est beaucoup trop importante et engendre un gaspillage des ressources qui contribue à l’augmentation des prix des poissons, autre explication de la stagnation de la consommation nationale. Les poissons pélagiques sont essentiellement pêchés par la flotte de pêche côtière, qui travaille encore selon un mode semi -artisanal. Ainsi, faute d’équipements modernes, une grande partie de la pêche des pélagiques arrive aux ports de débarquement dans un état inconsommable et est dirigée vers l’industrie de farines de poisson.
Depuis 1988, les nouveaux bateaux de pêche côtière achetés, soit 440 unités, sont dotées d’un équipement frigorifique et satisfont les normes d’hygiène en vigueur. La pêche côtière responsable de 75% des prises et 30% de la production en valeur a vu le jour en 1920. Auparavant, seules de petites barques assuraient l’approvisionnement en poissons des villages côtiers. Ces pêcheurs traditionnels continuent leur travail, et 12 000 barques sont réparties sur l’ensemble des côtes, avec une forte concentration à Dakhla et Boujdour, dans le sud marocain. Cette pêche prélève des prises de valeur: langoustes, soles et pageots sont achetés par des mareyeurs qui les destinent au marché national. Afin de stabiliser cette population de pêcheurs. Le Ministère des pêches maritimes projette de créer 3 villages, comprenant logements, marché au poisson et équipements frigorifiques.
Les investissements dans l’industrie de la pêche au Maroc
La pêche côtière proprement dite commença avec l’arrivée des chalutiers et des sardinières à moteur. Actuellement, la flotte est forte de 2500 unités, dont 400 chalutiers, 400 senneurs ou sardinières, 1000 palangriers de 700 langoustiers et di vers. Les chalutiers capturent principalement des poissons blancs, à l’aide de grands filets de fond traînés, et conservent leurs prises dans des caisses de glace. Les sardinières pratiquent la pêche au cercle au filet et se concentrent au poisson bleu. Les palangriers pêchent au-dessus des zones rocailleuses, soit à la palangre, longue ligne constituée de centaines d’hameçons, soit au trémail, dispositif composé de 3 filets reliés par des bouées. La pêche au trémail, nocturne, s’étale sur une ou deux nuits. Les langoustiers pratiquent une pêche de fond à l’aide de paniers en osier.
Agadir et Tan-Tan, ports de pêche hauturière.
C’est en 1973 que « la grande pêche », la pêche hauturière, a vu le jour au Maroc, sous l’impulsion du code des investissements maritimes. La flotte hauturière s’est développée très rapidement pour atteindre 450 navires, dont 400 chalutiers congélateurs. Les prises de ces chalutiers – véritables usines de congélation flottantes – sont les plus rentables : 100 000 tonnes de céphalopodes et de poissons blancs prêts à être commercialisés. Or, faute d’infrastructures et d’équipements suffisants au Maroc, la flotte hauturière restai t basée aux Canaries, à Las Palmas. Cette grande partie des recettes d’exportation échappait à l’Etat marocain qui La pêche marocaine est orientée à 90% à l’exportation. Les 150 000 tonnes de a pris des dispositions dès 1989 pour permettre le rapatriement de la pêche des chalutiers. Le repli de 70% de la flotte de pêche hauturière s’est effectué vers les ports d’Agadir et de Tan-Tan, qui ont été entièrement aménagés. L’Espagne est le principal fournisseur des armateurs marocains, suivi par
De la chine et de la France .les investissement de la pèche hauturière en unité de pêche ont représenté une valeur de 5.5milliards de dirhams en 1981 et 1990.
Quelques activités marginales complètent la production des pèches maritime au Maroc.
Tout d’abord la récolte des algues marines, entre Larache et El Jadida, représente un chiffre d’affaires de près de 100 millions de dirhams. Les algues sont destinées à l’industrie agro-alimentaire et l’industrie. L’aquaculture marine est un secteur neuf, en plein expansion pour l’instant concentré sur les crevettes et les coquillages dont la production est 400tonnes .la récolte de rocaille attient 7 tonnes.
Les plongeurs professionnel, sont prêts a prendre tous les risques pour cueillir à 80, parfois jusqu’à 100 m de profondeur cet or rouge dont la valeur est de 4500 dirhams le kg. Enfin, les cinq grandes madragues installées de part et d’autre du détroit de Gibraltar, capturent encore 1000 tonnes de thons, de bonites et d’espadons.
La pêche maritime a d’autres effets positifs sur l’économie, puis- qu’elle génère des activités liées à la construction navale et à la chaîne du froid.
Dans ce dernier secteur, les investissements à réaliser sont importants puisqu’une seule capacité de 25 000 tonnes est consacrée à la conservation du poisson. Les entrepôts existants sont principalement destinés à la congélation du poisson. Il y a un manque important d’unités de réfrigération et de caissons réfrigéré pour acheminer le poisson à travers l’ensemble du Royaume. Si l’exportation reste primordiale pour la pêche marocaine, la conquête du marché national offre de nombreuses opportunités aux investisseurs.
Dans quelques années, gageons que déguster du mérou à Ouarzazate et une ombrine à Meknès sera à la portée de tous les consommateurs marocains.